Virginie Rousseau

Virginie Rousseau est une auteure dont j’ai lu toutes les fanfictions sur la plateforme gratuite. Quand j’ai appris que la personne derrière ces écrits n’était autre qu’elle, j’ai tout de suite relu « Journal d’une confidente », une histoire inscrite dans mon cœur et qui résonne toujours. J’ai eu la chance de pouvoir lui poser mes questions sur ce roman et ses futurs écrits.

Journal d’une confidente est une retranscription de « la Belle et la Bête », pourquoi ce conte en particulier ?

Tout simplement parce que ce conte est mon préféré.

J’ai évidemment vu le dessin animé Disney, et tout m’a plu : l’histoire, les personnages, la morale… Le message de fond était intéressant : voir au-delà des apparences.

Abigaïl et Serena sont respectivement, Emma Swan et Regina Mills de la série Once Upon A Time, savais-tu que tu userais de ces personnages pour incarner les tiens ?

Pour moi Emma et Regina sont le parfait exemple de la morale du conte : voir au-delà des apparences : Entre une Regina qui se fait passer pour la méchante, mais si l’on gratte sous le vernis on y trouve quelque chose de plus profond, et une Emma qui, sous son apparente bonne humeur, cache des blessures… Je crois que ça ne pouvait être qu’elles.

Ne serait-ce que par la série elle-même où elles sont antagonistes au début et finalement, elles se rapprochent avec des points communs (dans la série, leur fils Henry).

Je ne voyais qu’elles pour incarner cette bête recluse et cette fraîche jeune femme dont la candeur allait sortir la bête de sa tanière.

Le roman s’inscrit dans la modernité, était-ce une nécessité ou tout simplement l’inspiration qui t’a fait écarter du conte d’origine ?

Je voulais simplement m’inspirer de la base du conte, mais pas en faire un copier-coller, sous peine d’un plagiat pur et simple.

L’inscrire dans la modernité était aussi une volonté de faire en sorte que le roman « parle » aux plus jeunes, qu’ils puissent aussi s’identifier un minimum.

Abigaïl est clairement à l’opposé de Serena. Comment as-tu créé tes personnages ?

À la base, j’adore les « slow burn » c’est a dire les histoires d’amour qui se construisent sur la longueur et dans le temps.

Quoi de mieux pour cela que deux persos radicalement opposés au départ ?!?

Si l’on part du conte, la bête et Belle sont plus qu’opposés, tant physiquement et mentalement. Il était facile de construire deux persos calqués sur ce schéma : l’une taciturne, froide, distante et même parfois méchante. Tandis que l’autre était plus solaire, plus joviale, plus animée.

L’histoire fait ensuite le reste : chacune va apporter à l’autre ce dont elle a besoin pour changer, évoluer… et finalement se rejoindre. C’est un peu le schéma de toute comédie romantique : on part de deux perso qui ne semblent rien avoir en commun, et finalement qui tombent amoureux l’un de l’autre. La différence d’une romance face à une autre et « comment on amène l’une vers l’autre ? »

Comment t’es venue l’idée de ce roman ? Est-ce tu t’es dit, tient revisiter la Belle et la Bête serait intéressant ou au contraire, c’est une autre impulsion qui t’a poussé à écrire ?

Comme je l’ai dit : c’est mon conte préféré et pour moi, il était évident que j’en ferais une adaptation moderne.

Je me suis aussi inspirée du film ado qui est sortie et qui a pour base aussi ce conte. « Sortilège » raconte l’histoire d’un garçon imbu de lui-même qui méprise les autres et se moque d’une jeune fille qui s’avère utiliser la sorcellerie. Elle lui lance un sort qui le rend hideux. Reclus chez lui, il fera la connaissance d’une jeune fille, là pour lui donner des cours (parce qu’il ne veut plus sortir) et ils finiront par tomber amoureux…

Je me suis dit : « l’adaptation est possible et pourquoi pas entre deux femmes ». Parce que, avouons-le, les romances lesbiennes sur nos écrans sont rares et elles ne se finissent pas toujours très bien. Moi je voulais un conte lesbien moderne avec une fin heureuse.

Décris ton roman en seulement trois mots.

Je dirais : conte/romance/moderne.

Comment procèdes-tu pour écrire ? Uses-tu d’une trame, d’un plan ou l’instinct ?

Je pars d’abord d’une idée générale : histoire/perso. Ensuite, j’y ajoute les séquences clés (généralement le début, le milieu et la fin). Puis viennent les scènes de transition. Parfois une scène me vient et je me dis « tiens, ça serait pas mal » et j’essaie de l’inclure, une sorte de « bonus » ^^.

Serena est mon personnage coup de cœur, était-elle une évidence pour toi ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu plus d’empathie pour les persos « dark », méchant, incompris…

Tout comme Regina Mills dans OUAT, Serena est LE perso de l’histoire sans qu’on ne le sache aux premiers abords. On pense qu’elle n’est que méchante, autoritaire et froide, mais si l’on y regarde de plus près, il y a bien d’autres choses et on comprend que sous cette apparence, il y a une raison, des blessures… Des blessures auxquelles on peut s’identifier : une trahison, une perte d’un être cher, la mort, etc.

C’est pourquoi, je pense, que Regina fut si populaire…. et que Serena attire l’attention : ce sont les persos méchants et mystérieux qui attisent notre curiosité : on veut savoir pourquoi ils sont comme ils sont, comment et pourquoi ils sont devenus ainsi. C’est bien plus intéressant qu’un « gentil ».

Et toi ? As-tu un personnage coup de cœur dans ce livre ?

J’adore Serena, évidemment. Mais j’aime aussi les persos secondaires qui, même s’ils ne sont pas centraux dans l’histoire, apportent à leur manière ce petit quelque chose : une pointe d’humour, une aide providentielle…

De base, j’adore le personnage de Granny dans OUAT, il était évident qu’elle serait d’abord dans ma fanfiction, mais aussi dans le roman et que son perso serait semblable à la série : un foutu caractère, mais toujours là pour aider, soutenir, défendre.

As-tu d’autres projets en cours ? Une nouvelle publication chez Reine de Cœur peut-être ?

J’ai enchaîné les fictions depuis quelques mois, je me laisse une pause de ce côté-là, même si je continue d’écrire et publierai bientôt une petite fic SQ…

Pour l’heure, niveau roman, je n’ai rien de concret. J’ai plutôt des idées de nouvelles sous forme de chroniques : l’une basée sur le monde de la piraterie et l’autre sur le monde culinaire.

Tu écris principalement des romances. Quel autre genre te tenterait ?

Si j’avais le temps, la fantasy est quelque chose qui me tenterait. Je vais déjà essayer de m’attaquer à de l’historique potache avec les pirates, à la manière de Pirates des Caraïbes. Mais oui, la fantasy est un monde riche avec de multiples possibilités. J’adore aussi les dystopies.

Swan Queen est-il toujours un couple qui t’inspire malgré la fin de la série ?

Plus que jamais. Je me dis qu’à présent, le SQ ne peut vivre que par les fans et leurs créations : fanarts, manip, vidéos, fictions….

C’est presque un devoir que d’écrire du SQ, surtout lorsqu’on est fan.

Journal d’une confidente est un titre intriguant. Comment t’est-il venu ?

J’ai essayé d’inclure un couple de femmes dans un conte hétérosexuel. Il fallait évidemment que je change le pourquoi de l’arrivée d’Abby dans le manoir : faire que son père vole une rose dans le jardin était trop flagrant. Et comme l’histoire s’inscrit dans la modernité, l’annonce d’un emploi m’est venue.

Il fallait ensuite savoir « quel métier » et j’ai imaginé alors cette femme recluse dans son manoir : elle ne pouvait logiquement pas demander un employé supplémentaire pour la cuisine ou le ménage, ayant déjà ce qu’il faut…

J’ai alors pensé à une compagnie…. Une dame de compagnie. Le terme est un peu dépassé, mais tout comme Serena qui reste coincée dans un passé : pas internet, pas de télé, des robes d’un autre temps…

Il fallait ensuite que l’on suive la progression d’Abby, via un journal, qui, peu à peu, laisse place aux pensées directes de la jeune femme. Ce roman était censé être un journal intime, mais il s’avère bien plus comme une rétrospective, un voyage initiatique d’une femme vers une autre.

As-tu une recommandation de livre pour les lecteurs ?

Une recommandation ? À vraie dire, je ne lis que très peu, ce qui est ironique, car peu de temps. Mais, il y a bien « Popcorn Love » que j’ai adoré ! Et qui, à l’instar du mien, est aussi issu d’une fiction SQ.


Merci à toi Virginie pour cette interview. Au plaisir de te lire à nouveau et je croise les doigts pour la suite de ton parcours.

Sinon, n’oubliez pas de commenter votre lecture sur les sites des maisons d’édition ainsi que les plateformes de ventes !

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viriginie rousseau
Lire la chronique d’un Journal d’une confidente

Il faut dire que la plume de Virginie est d’une efficacité redoutable. Elle parvient à nous livrer les sentiments avec les mots justes, parfois des métaphores qui viennent tirer sur la corde sensible de notre petit cœur. Je l’ai haï pour certains passages, vénérer pour d’autres (oui, il m’arrive de vénérer les auteurs lol). Mais avant tout, je me suis plongée corps et âme dans cette histoire. Non ce n’est pas le mot juste pour définir ce roman. Je me suis laissée captiver par ce conte. Oui pour moi, « le Journal d’une confidente » est un conte qui restera dans l’histoire. Un roman incontournable dans la littérature LGBT et chez la maison Reines de cœur.

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