Lettre à Emma

Miss Swan,

Emma,

Quand tu liras cette lettre, je serais déjà loin. Ne tente pas de me chercher, je t’en prie. Cette décision est la mienne, j’aimerais que tu la respectes. Te connaissant, tu dois être perdue, tes sourcils froncés dans cette moue qui te caractérise si bien.

Je sais que c’est égoïste de ma part de partir comme cela, en te laissant seulement ces quelques mots. La vérité est que je suis lâche. Lâche de me choisir. Cette fois-ci, il n’y avait pas d’autres moyens Emma. Henry connait la raison à mon départ et ne sois pas dur avec lui ou rancunière, car il n’a fait que ce que je lui ai demandé.

Six ans auparavant, je ne rêvais que d’une chose : que tu sortes de ma ville, de ma vie. Aujourd’hui, l’ironie du sort veut que ce soit moi qui quitte la ville et sorte de ta vie. Je me souviendrai toujours de nos disputes lors de ton arrivée à Storybrooke. J’avais beau essayer de te repousser, ta ténacité te ramenait toujours à moi. J’étais la méchante Reine aux yeux de tous, mais toi, Emma, tu n’as vu que Regina. Tu as cru en moi depuis notre première rencontre.

Je sentais que ton attitude, tes regards s’immisçaient en moi, dans mon cœur. Pourtant, je n’ai réellement pris conscience de ce que je ressentais pour toi, le jour où j’ai dû stopper le sort noir. Ce même jour où je vous ai vu franchir la limite de la ville, toi et Henry, dans ton cercueil sur roue. Mon cœur se brisait dans ma poitrine, les mots peinaient à exprimer ce que je ressentais. Les larmes dans tes yeux ne m’étaient pourtant pas destinées, mais elles me détruisaient à petit feu.

Connaitre mes sentiments a rendu l’année suivante interminable, j’avais l’impression d’agoniser, de manquer d’air. Réaliser que le vide dans ma poitrine était comblé par ta seule présence me rendait terne, inconsolable. Je ne m’imaginais pas vivre dans la forêt Enchanté aussi loin de toi et de notre fils. J’ai tenté d’enterrer mon cœur pour moins souffrir, mais ta mère m’en a dissuadé. Elle pensait qu’Henry était la cause de tous mes maux, alors que tu l’étais. Même mon cœur hors de ma poitrine ne soulageait pas ma peine, mon manque, mon besoin de te voir. Il se languissait de ta présence.

Te retrouver au Granny fut une grande surprise et un soulagement. Je me suis retenue de te prendre dans mes bras, seulement pour être certaine que tu étais bien là. Ne crois pas que je n’ai pas tenté de venir vous chercher à New York, mais aucun sort ne pouvait briser la limite de la ville. J’étais prisonnière à nouveau. Je ne saurais te dire le nombre de fois où j’ai voulu t’avouer mon affection par la suite. Cependant, à chaque fois que je trouvais le courage, l’homme qui est aujourd’hui ton mari était là, non loin. Le voir te courtiser m’enrageait, me brulait. Je rêvais de pouvoir le faire disparaitre d’un geste simple du poignet. Suis-je un monstre de penser cela ? Qu’est-ce que Blanche penserait de moi si elle savait cela ? Elle me réprimanderait sûrement, alors que je sais que tu arbores ce sourire en coin amusé.

L’idée de quitter la ville est devenue récurrente à l’époque. Pourtant, je suis restée, car au fond de moi, j’espérai. Je me suis accrochée à l’espoir que tu puisses ressentir la même chose que moi. Tu aurais dû laisser les ténèbres s’emparer de mon cœur, de mon âme Emma.  Au lieu de cela, tu t’es sacrifiée pour me sauver, encore une fois. Toi qui pensais que je vivais ma fin heureuse avec Robin. Tu aurais dû voir dans mon regard, dans l’eau présente au bord de mes yeux que tu étais mon bonheur. Je t‘ai regardée disparaitre. On t’enlevait de nouveau à moi. Nous sommes venus te chercher à Camelot, et j’ai bien cru que tu partageais mes sentiments. Je me suis voilée la face. Je me sens idiote d’écrire ses lignes. Tous mes espoirs se sont envolés quand tu as dit oui à cet homme.

Je m’apprêtais à partir le soir où lui t’a laissé. Il ne te mérite pas Emma. Je te l’ai déjà dit à demi-mot dans l’autre monde. Pourtant, je comprends parfaitement ta dépendance. Je ressens la même. Ta mère m’a téléphoné pour m’avertir de la nouvelle et je n’ai pas pu me résoudre à quitter la ville en sachant que tu n’étais pas heureuse. Aujourd’hui, tu l’es. Tu viens de te marier avec l’homme de ta vie. Ne te méprends pas, le sourire qui ornait mon visage lors de la cérémonie était sincère. Je suis heureuse pour toi, Emma, tant que tu l’es. Ton bonheur est la seule chose qui m’importe.

Je ne te remercierai jamais assez d’avoir toujours cru en moi. Après Daniel, tu es la seule personne que je n’ai jamais aimée, mais je ne peux pas rester. J’abandonne un autre morceau de moi chaque jour près de toi. Je ne veux plus me perdre. Ton contact me manquera, ainsi que nos discussions et ta compréhension. Je n’arrête pas de pleurer en t’écrivant ces mots, car je sais que je te cause de la peine. Seulement, je ne peux plus le nier, tu ne ressens pas la même chose que moi, Emma. Tu l’as choisi lui.

Rumple avait raison : la malédiction se brisera le jour où la méchante reine sera vaincue. Je suis vaincue. Tu m’as vaincu Emma en me faisant tomber amoureuse de toi. Dis à Henry que tout se passera bien, qu’il me manque déjà.

Je t’aime tellement Emma que je dois partir. Je t’en supplie, sois heureuse. Sache que quoiqu’il arrive, je serais toujours tienne.

Avec tout mon amour,

Regina.

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5 Replies to “Lettre à Emma”

  1. Quelle tristesse… Pas de fin heureuse… Tout comme la série d’ailleurs.
    Comme d’habitude magnifiquement écrit, Bravo ! Amicalement

  2. C’est le type de lettre que j’aurais aimé recevoir de quelqu’un en particulier.
    Et je lui aurais peut-être répondu la même chose qu’Emma répondra à Regina. Je le saurai dans une future suite que tu écriras forcément.^^

    Tu trouves toujours les bons mots.

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