la robe de mariée swan queen prompt

Son souffle se coupa sous cette vision angélique. Elle était magnifique dans sa robe blanche. Cette dernière épousait parfaitement son buste, la dentelle, élément parfait pour souligner sa pureté. Le blanc trainait derrière sa silhouette grâce à la matière fine de la robe. Elle était digne de son rang. Une véritable princesse.

La voir comme cela, de ses yeux, bouleversait un peu plus la mairesse. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, sa gorge était sèche et ses jambes flageolaient sous cette scène. Les prunelles brunes scrutèrent la réaction de Blanche sous l’essayage de sa fille. Cette dernière pleurait. Tout comme l’ancienne méchante reine, seulement la raison était différente. La robe lui allait à merveille, c’était la bonne. Ce résultat fut unanime dans la boutique, seulement, les mots restaient coincés dans la gorge de Regina. Elle ne parvenait pas à exprimer ses sentiments.

Bien que tout le monde ait donné leur approbation, la future mariée délaissa le miroir pour chercher la réaction de son amie. La mairesse observait le sol, espérant contrôler ses émotions. Son cœur se serrait dans sa cage thoracique en réalisant que le jour j approchait. En comprenant qu’Emma allait bientôt se lier avec le pirate. La mairesse avait l’impression que ses poumons manquaient d’air. Tout comme le soir où elle s’était convaincue d’avouer ses sentiments à la sauveuse, la retrouvant ainsi au Granny. Mais alors qu’elle s’apprêtait à lui confesser son amour, Crochet s’était agenouillé et avait posé la question fatidique. La réponse fut comme un poignard dans le cœur de la latina.

Regina s’était alors éloignée de son amie bien que cela lui coute de ne plus la voir, l’entendre ou même pouvoir la protéger. Seulement, c’était sans compter sur la sauveuse, qui un sourire sur les lèvres, avait débarqué à son bureau afin de lui demander d’être sa demoiselle d’honneur. Que pouvait-elle bien lui dire ? Non ? Et risquer de briser leur amitié ? La latina ne souhaitait pas perdre la blonde. Même si partager son amour avec elle était impossible, elle ne sacrifierait pas son amitié. Aimer quelqu’un était accepté sa décision.

    Regina ?

La mairesse sortit de ses pensées à l’entente de son prénom, prononcé par cette voix qu’elle adorait. Ses yeux bruns plongèrent dans le regard inquisiteur de son amie. Rien que dans ses yeux verts, l’ancienne méchante reine savait la question que lui posait la blonde. Est-ce que tu vas bien ? La latina apaisa ses tourments par un faible sourire suivi d’un hochement de tête. La robe était parfaite.

Blanche et les deux vendeuses partirent discuter dans les rayons, cherchant une deuxième option, laissant Emma et la brunette seules dans la partie essayage. Regina ne supportait pas rester dans la même pièce que celle qu’elle aimait sans pouvoir lui avouer ce qu’elle ressentait. C’était une simple torture. De plus, la voir dans une telle tenue qui ne lui était pas destinée, c’était comme vivre un enfer personnalisé.

    Regina ? Est-ce que tout va bien ?

Elle reconnaissait l’inquiétude dans sa voix. Ce flottement léger lorsqu’elle prononçait son prénom, montrant toute la sincérité à son égard. Les bras croisés sur sa poitrine, ses doigts jouaient nerveusement avec le bord de sa veste de tailleur. Même si elle détestait lui mentir, elle n’avait pas le choix.

    Bien sûr.

    Tu es juste…bizarre depuis quelque temps, renchérit la blonde en soulevant sa robe afin de s’approcher de son amie. Est-ce que ….

    Je vais bien Emma, interrompu brutalement la brune qui soupira sous le recul de la future mariée. Je. Je suis désolée.

    Tu sais que tu peux tout me dire. Peu importe ce dont il s’agit.

La mairesse le savait. Bien sûr qu’elle le savait, elle avait une confiance aveugle en la sauveuse. Elle n’hésitait pas à lui confier sa propre vie. Pourtant, lui avouer son amour était une chose impossible maintenant qu’elle était promise au pirate et semblait heureuse de l’être. La brunette ferma les yeux lorsqu’Emma soupira sous son absence de réponse. Elle ne souhaitait pas voir sa déception ni sa tristesse, craignant de faire ou dire quelque chose qui pourrait tout changer.

Un silence pesant s’installa entre les deux amies tandis que la blonde reprit place devant le miroir, contemplant son reflet. Regina sentait une nausée monter dans son estomac à mesure que la fille des Charmant s’observait dans cette robe. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur le visage de la sauveuse, son mal-être faiblit aussitôt. Les yeux normalement pleins de vie de la blonde étaient éteints, fermés dans ce reflet pourtant majestueux.

L’ancienne méchante reine contempla son amie quelques instants. Sa lumière était fade, terne. Son visage neutre. Ne doit-on pas briller de bonheur dans un tel moment ? Ce n’était visiblement pas le cas du shérif. Une question brulait alors les lèvres de la latina. La voir si impassible dans cette robe de mariée qui sera bientôt la sienne n’était pas une démonstration du bonheur. Non. Regina avait déjà vu Emma heureuse plus d’une fois. Son sourire illuminant l’espace, ses yeux rieurs, ses petits sauts de joies. Ce n’était pas ce qu’elle voyait présentement.

    Es-tu heureuse Emma ? questionna la brunette dans un murmure.

Leurs regards se croisèrent dans le miroir. La blonde avait compris le sens de cette question, et la latina le savait. « Es-tu heureuse avec cet homme ? » Les yeux bruns suivaient les mains pâles glisser sur le tissu de la robe. Elle pouvait également sentir les réflexions de son amie malgré leur distance.

    Il m’aime.

Elle le savait qu’il l’aimait. Il avait beau être un pirate, il était évident que ses sentiments étaient bien réels. Seulement, Emma n’avait pas répondu à la question. Elle l’éludait. Regina fit un pas vers la blonde qui l’observa faire dans le reflet.

    Et toi ?

    Il est mon véritable amour.

La brune se figea sous cette réponse. Ce n’était pas la première fois qu’elle entendait ce terme pour désigner le couple entre Emma et Crochet, seulement, cela faisait toujours aussi mal. Pourtant, les yeux verts défiaient les siens après cette réponse. Comme s’ils la poussaient à chercher plus loin.

    Es-tu amoureuse de lui Emma ?

Les yeux vert auparavant éteint s’illuminèrent sous cette question venue de nulle part. Dieu que cette intensité lui manquait. Leurs regards se fixaient intensément au travers du miroir. La mairesse avait touché un nerf sensible. Elle le voyait, elle le sentait, mais il résidait encore une expression sur le visage de la blonde que la latina n’avait jamais su déchiffrer. Cette même expression qu’Emma lui offrait rien qu’à elle.

Cette dernière se tourna lentement vers son amie, cherchant sur son visage la raison à cette discussion. Soutenant le tissu de la robe, elle se rapprocha d’elle espérant utiliser son super pouvoir.

    Pourquoi est-ce que cela est si important maintenant ? questionna la blonde sur un ton de reproche.

Parce que je t’aime. C’était les mots qui brulaient les lèvres de la brunette tandis qu’elle soutenait le regard de la sauveuse. Son cœur s’emballait d’être aussi proche de la personne qu’elle aimait.

    Tu m’as promis de me donner ma fin heureuse, je veux être certaine que tu es la tienne. Tu le mérites Emma.

    Tu n’as pas eu ta fin heureuse Regina, rappela la blonde dans un murmure.

Et elle ne l’aurait pas. La latina s’était résignée à cette vérité. Une larme s’échappa, roulant sur sa joue hâlée. Elle n’avait pas su la retenir, dévoilant ainsi son émotion au regard émeraude. La mairesse hoqueta de surprise lorsque le pouce de la sauveuse balaya l’eau arrêtée sur sa pommette.

    Ma fin heureuse est de te savoir heureuse, souffla la brunette en s’emparant de la main de la fille des Charmant.

Cette fois-ci, ce fut au tour de la blonde de laisser échapper un hoquet de surprise. À quelques centimètres d’elle, Regina pouvait voir les yeux verts s’embuer de larmes.

    Je te connais Emma. Tu n’es pas la seule à savoir quand l’autre ment.

    Très bien. Alors, sois sincère avec moi. Depuis que Crochet m’a demandé en mariage, tu n’es plus la même. Tu me fuis, tu me repousses. Pourquoi ?

Les iris bruns se posèrent sur leurs mains toujours en contact entre cette robe blanche et sa robe rouge.

    Je croyais que nous étions amies Regina.

    Tu penses que nous sommes amies ? demanda la mairesse sentant son cœur se déchirer.

    Nous avons traversé tellement de choses ensemble que oui, j’étais persuadée que tu étais mon amie. Pourquoi ? Pourquoi as-tu changé ?

    Réponds à ma question d’abord. Es-tu amoureuse de lui ?

La future mariée se recula, détournant son regard des prunelles ambre qui la scrutait. Leurs doigts se lâchèrent sous la distance. Le contact manquait déjà à la mairesse qui observait l’attitude embarrassée et réfléchie de la blonde. Elles étaient toutes les deux tellement têtues, obstinées que la latina n’était pas certaine d’obtenir une réponse. La plupart de leur dispute démarrait comme ceci, l’une et l’autre refusant de dire ce qu’elle avait sur le cœur, refusant de céder la première. C’était également ce qu’adorait la brune chez la sauveuse. Le fait qu’elle la défiait en permanence.

Seulement, le cœur de Regina ne tenait plus tous ses non-dits, ces absences de réponses. Elle avait besoin de savoir si son amie était heureuse, si elle allait vers sa fin heureuse. Elle avait besoin de l’entendre pour espérer tourner la page, l’oublier et accepter.

    Te vois-tu vieillir à ses côtés ? Partager ta vie, ton lit avec ce pirate ? Instaurer une vie de famille avec Henry. L’embrasser chaque jour pour lui dire bonjour ou l’accueillir après une dure journée de travail, continua la mairesse tout en sentant son cœur se briser.

L’ancienne méchante reine scrutait la réaction de la blonde dans le reflet du miroir. Son visage restait impassible, dénué de joie ou de bonheur. Regina crut même entrevoir une grimace se former sur les traits de la sauveuse.

    Mes parents ont trouvé le grand amour. En tant que sauveuse je dois faire de même, répondit sur un ton détaché la fille de Blanche Neige. Je suis celle qui rend les fins heureuses à tout le monde. Je suis la fin heureuse de Crochet.

    Donc tu te maries avec lui par obligation.

La mairesse eut la réaction qu’elle espérait. Emma délaissa son miroir, son regard vert rempli de larmes se posa sur la Reine de Storybrooke. Regina s’avança, réduisant considérablement l’espace entre elle et la sauveuse. Elle savait que lancer son venin, laisser durant quelques secondes la méchante reine sortir ferait réagir la blonde.

Nez contre nez, la latina tentait tant bien que mal de maintenir cette façade. La tête haute, les larmes retenues, les lèvres pincées, le sourcil arqué, Regina essayait de ne rien lâcher, de ne pas laisser Emma pénétrer son mur comme elle savait si bien le faire. Elle avait besoin que la blonde lui dévoile la vérité. Elle avait besoin de savoir.

    C’est mon devoir de lui donner sa fin heureuse.

    Au point de sacrifier ton bonheur ? Te perdre dans une relation que tu ne désires pas ?

La blonde soupira avant de se détourner de la brunette qui lui attrapa le bras. Les yeux verts se perdirent dans ceux bruns embués de larmes désormais. Emma retrouvait enfin Regina.

    Tu mérites tellement mieux Emma. Tu mérites d’être heureuse en faisant tes propres choix. Ne te marie pas avec Crochet, pleura la latina alors que ses doigts retrouvèrent ceux de la sauveuse. Si tu le fais, tu vas te perdre.

Regina voyait à travers ses propres larmes celle de la femme qu’elle aimait. Elle ne pouvait plus revenir en arrière. Les mots étaient sortis. Elle ne voulait plus les retenir, c’était maintenant ou jamais.

    La raison pour laquelle je me suis éloignée, c’est parce que je ne supporte plus te voir comme cela. Effacer, sans vie. Tes yeux ne brillent plus, tes lèvres ne sourient plus. Même auprès d’Henry tu n’es plus cette femme rayonnante, pleine de vie.

Emma écoutait attentivement les mots de la latina. Elle cherchait leur véritable signification, car au fond, elle sentait qu’il y avait plus. Elle sentait que son amie ne lui disait pas tout. Leurs doigts se cherchaient tendrement entre cette robe blanche et celle rouge. Combien de fois s’étaient-elles trouvées à se regarder de la même façon ? Tellement de fois.

    Tu ne peux pas te marier avec lui.

    Est-ce vraiment la seule raison Regina ?

La mairesse s’apprêtait à répondre lorsque la mère de la sauveuse les rejoignit. Les doigts se lâchèrent comme brulés sous le contact. Blanche regarda les deux femmes l’une après l’autre, sentant qu’elle venait d’interrompre une discussion importante.

    Emma, nous avons fini ici. On rentre ?

 Songeant que la conversation avec la mairesse était finie, l’intéressée acquiesça de la tête. Elle souleva la robe puis tourna des talons vers la cabine d’essayage. Un bras l’arrêta.

    Ce n’est pas la seule raison, annonça Regina. Je ne supporte pas te voir de la sorte Emma parce que tu n’es pas la personne dont je suis tombée amoureuse. Ton sourire me manque, des petits sauts de joie ou ton appétit insatiable me manquent.

Blanche Neige hoqueta de surprise sous cette révélation, rappelant la latina de sa présence. Cette dernière ne s’excusa pas. Elle n’avait plus ce poids sur sa poitrine. Elle avait enfin tout avoué à la blonde qui restait stoïque. Regina ne vit aucune réaction sur le visage de la sauveuse. Elle la fixait intensément, comme sous le choc.

    Tu mérites d’être heureuse Emma Swan. Je ne dis pas cela parce que je t’aime, mais parce que je le pense. Tu es une femme extraordinaire, forte, obstinée et prête à tout pour les personnes qu’elle aime. Tu mérites de vivre le grand am…

Regina n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Elle fut coupée court par les lèvres de la fille des Charmant. La surprise l’empêcha de répondre au baiser. La mère de la blonde lâcha une remarque avant de disparaitre vers l’entrée de la boutique. Les mains de la sauveuse encadraient le visage de la latina encore marqué par le renversement de situation. Emma venait de l’embrasser.

Cette dernière posa gentiment son front contre celui de la mairesse. Son index caressait tendrement la mâchoire carrée de la mère adoptive de son fils. Regina sentait son cœur exploser sous ces gestes qu’elle espérait. La peau de la blonde était aussi douce qu’elle l’avait imaginé.

    Tu ne m’as pas laissé finir, protesta la brunette sans pour autant se détacher des bras du shérif.

    Ce n’est pas utile. J’espérais que tu le dises. J’espérais que tu ressentes la même chose que moi. J’attendais seulement que tu me le dises, souffla la blonde contre les lèvres de l’ancienne méchante reine.

    Je t’aime Emma Swan. Je t’ai toujours aimé.

    Je t’aime Regina Mills, et je t’aimerais toujours.

 

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3 Replies to “La robe de mariée”

  1. Wouah quel plaisir de vous lire à nouveau. Un peu court mais c’est toujours le cas quand on aimes 😉 merciiii de nous faire partager votre imagination. Amicalement

  2. Qu’il est agréable de te lire enfin. Même si c’est toujours trop court. Mais ça fait du bien.
    Tu n’as pas perdu la main à ce que je vois.^^
    J’aime beaucoup comment tu as su mettre en exergue leur lien, l’évidence de leur relation secrètement dévouée l’une à l’autre sans oser se l’avouer alors que ça crève juste les yeux. Seul l’avis de Regina compte pour Emma, comme Regina pourrait accepter ce mariage s’il était d’amour et la rendait heureuse. Et elles ne sont pas fichues de se rendre compte qu’elles s’aiment… Heureusement qu’il y a des auteurs comme toi pour leur enlever leurs œillères.^^
    Regina ose. Quitte à tout perdre me dirais tu. Et bien moi je dis non. C’était un risque. Celui de perdre également son amitié. Mais bon parfois il faut prendre son courage à deux mains. Mais n’empêche avec public je l’aurais jamais fait.^^
    J’aime toujours autant comment tu fais passer les émotions par des gestes, des attitudes, des regards. Il n’y a pas besoin de dialogues pour faire passer des messages, tout est là, à porté de notre regard, transparent de sentiments et sensations.
    Merci.

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